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"Synapse"

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SYNAPSE nous propose une petite réflexion sur la manière ou la possibilité de transmettre un message ou une information.

       Une grande partie de la toile est occupée par la silhouette d’un homme d’âge mûr se dessinant sur un fond de consistance apparemment molle. Cette masse représente notre cerveau avec ses nombreux sillons et ses circonvolutions qui ont pour finalité d’accroître la surface de l’organe et d’augmenter son efficacité fonctionnelle. Cette silhouette est le symbole même de l’Ancien, celui qui sait et qui a mémorisé une grande quantité d’informations. En effet, l’Ancien revêt un caractère sacré quelque soit la personne ainsi qualifiée. L’Ancien évoque une sorte de lien avec des forces surnaturelles de conservation. Le fait qu’un être ait résisté à l’usure du temps est senti comme une preuve de solidité, d’authenticité et de vérité. Il rejoint ainsi dans les profondeurs mystérieuses ce qui est à la source de l’existence et dont il participe dans une mesure privilégiée. Aux yeux des psychanalystes, l’Ancien suggère l’enfance, le premier âge de l’humanité, comme le premier âge de la personne, la source du fleuve de la vie. Pour la symbolique, l’Ancien n’est pas ce qui est périmé, mais ce qui est persistant, durable, participant à l’éternel. Il influence le psychisme comme un élément stabilisateur et comme une présence de l’au-delà. Il est le contraire du vieux qui lui est mentalement associé au périssable, à la fragilité, à la précarité.

 

       En dessous de l’Ancien et comme protégé par lui, un Enfant. Il est le symbole même de l’innocence, l’être dans l’état antérieur à la faute, dans l’état Endémique. L’Enfant est symbole de simplicité naturelle et de spontanéité. Il est paisible, concentré, sans intention ni arrière pensée et parfaitement pur. L’image de l’enfant indique une victoire sur la complexité. Il tente à repousser l’anxiété par la conquête de la paix intérieure et la recherche de la confiance en Soi. Cet enfant est aussi celui que chacun porte en Soi, l’affirmation de Soi, de la fierté, de ses aspirations, de son cheminement intérieur, de son dépassement.


 

 

L’Enfant s’est réfugié dans une bulle symbole de légèreté éphémère et gratuite qui éclate soudainement sans laisser de trace, rien de plus que la délimitation arbitraire et transitoire d’un peu d’air. Mais cette bulle est aussi l’expression de sa propre puissance et de son indépendance qu’il cherche absolument à préserver. Devant lui sur une feuille vierge quelques éléments d’un puzzle. Ce puzzle est la métaphore de son cerveau, un jeu de patience composé d’un grand nombre de fragments découpés qu’il faut rassembler pour reproduire un sujet complet, pour accéder à la connaissance et à la créativité.

 

On peut se demander alors, comment se fait la transmission d’un message d’une cellule à l’autre ? La cellule nerveuse ou neurone est formée d’un corps cellulaire, ici la tête de l’Ancien, d’un prolongement protoplasmique, ici son bras et munie d’axones ou de longues fibres nerveuses, ici ses doigts. Cette cellule s’est adaptée pour mieux accomplir sa tâche et transmettre l’information. Cela a permis d’établir chez un être vivant des rapports avec ses semblables et son environnement. Mais l’évolution a aussi privé le neurone, passé un certain stade de développement de se diviser comme une autre cellule. Par conséquent les réponses neuronales face à une agression, manifestent des caractéristiques particulières, différentes des autres cellules. Le site où le neurone exprime un certain nombre de ses caractéristiques remarquables d’interaction entre différentes cellules nerveuses et d’autres cellules musculaires, glandulaires, s’appelle la Synapse.

 

Les neurones communiquent entre eux par des signaux électriques et chimiques. Les électriques ne subissent aucune transformation alors que les chimiques ont des propriétés plastiques (ce qui explique des phénomènes de récupération) et constituent des sites d’action privilégiés d’un grand nombre de substances pharmacologiques qui agissent sur le système nerveux. Mais après le passage de la synapse, pour les premières comme pour les secondes, l’information se retraduit en langage électrique. Un fait intéressant à noter en ce qui concerne la transmission chimique est que les substances utilisées par la cellule permet d’agir pour certaines au sein de la cellule mais pour d’autres à distance et l’on parle de neuromodulateurs ou plus simplement de neurotransmetteurs.


                                                     

 

Si l’on imagine à présent un neurone transformé en individu, les synapses se trouveraient essentiellement au niveau des extrémités de ses doigts. Si l’on tient compte du sens normal du déplacement nerveux, la synapse peut être divisée en plusieurs parties. Un compartiment pré-synaptique (la main de l’Ancien) une région post-synaptique (la main de l’enfant) et entre les deux une fente Synaptique. Le compartiment pré-synaptique est reconnaissable à la présence d’un élément du puzzle qui va être libéré dans la fente synaptique. On a pu vérifier scientifiquement qu’un neurone donné correspond à plusieurs neurotransmetteurs. De même ici, l’Ancien a la possibilité de présenter différents éléments nécessaires à la poursuite de la construction du puzzle en fonction de l’avancement du projet tout en préservant la liberté de l’Enfant. Ceci est d’importance car cela préserve sa nature différente et constitue en quelque sorte la base d’une évolution particulière. Mais le passage dans la fente synaptique ne suffit pas, encore faut-il que l’Enfant ou l’élément post-synaptique ait les propriétés spécifiques à son appropriation ou contienne un récepteur. Ce passage peut être facilité par des messages amplifiés tels que la tolérance, la patience et surtout beaucoup d’AMOUR.

 

Ainsi, selon le caractère du transmetteur (l’Ancien) mais également selon le type de récepteur (l’Enfant) et l’excitation de la membrane post-synaptique (la main de l’Enfant) l’occupation du site récepteur donnera lieu soit  à une excitation, passage du message, soit à une inhibition, refus de participer.

 

Bernard Fintz.